La baraque de hot dog

C’est une ville côtière, où la conduite est primordiale. C’est une ville américaine, donc il faut pouvoir tout faire en voiture ; la distance est importante. Quand vous avez faim, vous avez envie de vous arrêter. Arrêtez-vous à la cabane à hot dogs. Elle est sur la droite, dans le parking du supermarché. Une petite maisonnette. Faites le tour, gauche, puis gauche, garez-vous devant la fenêtre. La vendeuse vous y accueille, de 8h à 16h chaque jour, 17h le dimanche, car il y a du monde avec la plage. On propose ici plusieurs sortes de saucisses de hot dog, car le hot dog new-yorkais n’a pas épuisé le hot dog, loin de là. Saucisse de Francfort, saucisse végétalienne ou vegan,…

Sur le parking, il peut faire chaud, mais ici, il pleut, surtout. C’est le climat : doux, mais pluvieux. L’hiver, les gens passent, s’achètent un hot dog. Au choix : choucroute, ketchup, moutarde jaune. Moutarde bio au vinaigre de cidre. Wasabi. On mélange les influences ; New York, c’est loin. La dame qui tient la baraque fait aussi des frites, et des brownies maison. Le café, ça dépend des jours, en général il y en a, mais ici, c’est plutôt hot dog, et on manque de place, et on ne peut tout faire. Si vous cherchez du café, il y a un drive-in, un peu plus loin, elle fait du très bon mocha. Oui, tout ça se fait en voiture, mais remarquez que si vous voulez bien manger, il faudra descendre. Après tout, pourquoi les chaînes de fast food seraient-elles les seules à profiter de ce système ? Pourquoi réserver une façon de vendre aux bandits ? demande la dame qui est une ancienne d’une de ces chaînes de poulet.

Au moins maintenant elle paie ses taxes sans avoir à demander l’aumône à qui que ce soit. Contre les vols, elle s’est posée la question d’avoir une arme, mais elle a des enfants, et ça n’a pas de sens, autant filer la caisse et sauver sa peau. Ce serait bien que ça marche, et d’avoir un restaurant un jour, un vrai, ou un café, enfin quelque chose où on s’assoit, même une plus grande baraque au bord de la route. Mais comme qui dirait, il faut commencer petit…

Naselle, 17 août 2013.

Déjà !